Il semble que la famille d’Onésiphore vivait à Éphèse (2 Timothée 1:18 ; 4:19). Il n’est pas précisé si Onésiphore est venu dans la capitale de l’empire pour des affaires personnelles ou tout spécialement pour rendre visite à Paul. Quoi qu’il en soit, l’apôtre fait remarquer : ‘ Quand Onésiphore est venu à Rome, il m’a souvent réconforté. ’ (2 Timothée 1:16, 17).
Quel genre de réconfort lui a-t-il apporté ? Bien que le soutien d’Onésiphore ait pu revêtir un aspect matériel, sans doute sa présence a-t-elle également été un stimulant qui a fortifié et encouragé Paul. D’ailleurs, certaines traductions rendent ainsi ce passage : “ Il a été souvent pour moi un rafraîchissement ”, ou : “ Il m’a souvent consolé. ”
À cette époque, parvenir à rendre visite à un prisonnier chrétien à Rome n’était pas simple. Contrairement à ce qui s’était passé lors du premier emprisonnement de Paul, les chrétiens romains semblaient avoir perdu tout contact avec lui. Dans une grande ville comme Rome, il n’était pas facile de trouver un prisonnier inconnu dans la masse des individus détenus pour des délits de tous ordres. Des recherches assidues étaient donc nécessaires.
Voici ce qu’en dit le bibliste Giovanni Rostagno : “ Il pouvait y avoir toutes sortes de difficultés. Avant tout, il fallait faire preuve d’une prudence exceptionnelle : rassembler des renseignements çà et là et paraître impatient de trouver la prison qui retient un vieux prisonnier fanatique impliqué dans de nombreux crimes risquaient d’éveiller des soupçons. ”
Le professeur P. Harrison décrit la même situation avec force détails ; il déclare : “ Il nous semble apercevoir, au milieu d’une foule dense, un visage résolu, et nous suivons avec un intérêt accru cet étranger venu des côtes lointaines de la mer Égée, alors qu’il se faufile dans un dédale de rues inconnues, frappant à plusieurs portes, s’accrochant au moindre renseignement, conscient des risques encourus mais déterminé à poursuivre ses recherches, jusqu’à ce qu’une voix familière lui parvienne d’une sombre maison de détention et qu’il découvre Paul enchaîné à un soldat romain. ” S’il ressemblait aux autres prisons romaines, cet endroit était probablement froid, obscur et malsain, un lieu de chaînes et d’afflictions de toutes sortes.
Si le fait d’être connu comme l’ami d’un prisonnier tel que Paul était dangereux, lui rendre plusieurs visites l’était plus encore. Quiconque se faisait connaître ouvertement comme chrétien risquait l’arrestation et la mort par la torture. Mais Onésiphore ne s’est pas contenté d’aller voir l’apôtre juste une ou deux fois ; il n’a eu ni honte ni peur de le faire “ souvent ”. Conformément à la signification de son nom, “ qui procure un profit ”, il a vraiment procuré un soutien plein de courage et d’amour malgré les dangers.
Pourquoi Onésiphore s’est-il comporté ainsi ? Selon Brian Rapske, “ la prison était un endroit non seulement de souffrances physiques, mais aussi d’angoisses profondes pour le détenu. Dans ce contexte, la présence et les encouragements de quelqu’un pouvaient constituer un important soutien psychologique ”. Sans doute Onésiphore en avait-il conscience. Aussi est-il resté courageusement attaché à son ami. Paul a dû lui être extrêmement reconnaissant de son aide.
Source : Tour de Garde du 15/11 1997 p. 29-31 (‘Onésiphore : un consolateur courageux’) (Publié par les Témoins de Jéhovah) Sauf indication, les citations bibliques sont tirées des Saintes Écritures — Traduction du monde nouveau
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